Une étude menée par Konstantinos E. Farsalinos - Département de cardiologie, Centre de chirurgie cardiaque d'Onassis, Laboratoire de biologie moléculaire et d'immunologie, Département de pharmacie, École nationale de santé publique, Grèce – et George Lagoumintzis - Laboratoire de biologie moléculaire et d'immunologie, Université de Patras, Grèce – publiée dans le Harm Reduction Journal le 25 juillet 2019 procède à une évaluation des principaux arômes utilisés dans les liquides de cigarette électronique disponibles en Europe.


Les études scientifiques sur les arômes e liquide se multiplient

  Cette dernière étude fait écho à une autre analyse émanant de Constantine Vardavas, un épidémiologiste médical spécialisé dans les méthodes de recherche pour la lutte antitabac et publiée dans l'European Respiratory Journal sous le titre de :

« Des irritants pour les voies respiratoires dans les liquides de recharge pour cigarettes électroniques disponibles dans neuf pays européens: une menace pour la santé respiratoire? »

Dans cette étude, le Dr Vardavas concluait après analyse de 122 échantillons de e liquides européens à la présence de nombreux additifs irritants, tels le methyl cyclopentanolone, l'acétyl pyrazine, l'ethyl vanilline, le menthol.

La dernière étude émanant du Dr Farsalinos qui nous intéresse ici a été conduite en contestation de la méthodologie appliquée par le Dr Vardavas pour parvenir à ses conclusions.


Mener des recherches scientifiques dans le contexte de la vape

  La méthodologie reprochée au Dr Vardavas est d'avoir évaluer les seuils de toxicité des substances en se basant seulement sur la classification pré-établie de l'European Chemicals Agency et en procédant à une analyse simple, tablant sur des liquides mono-arôme et un dosage maximal de la saveur.

Or, les vapoteurs savent bien qu'ils utilisent la plupart du temps des mélanges d'arômes qui composent une recette e liquide.

L'étude du Dr Farsalinos repose donc sur des mélanges d'arômes dilués dans du propylène glycol et de la glycérine végétale pour obtenir un e liquide avec dosage maximal de chaque composant aromatique.


Les produits chimiques évalués sont :


- menthol : goût menthe
- ethyl maltol : goût caramélisé
- linalool : goût boisé
- methyl cyclopentenolone : goût caramel noisette
- β-Damascone : goût fruité
- ethyl vanilline : goût vanille
- β-Ionone : goût fruité
- acétyl pyrazine : goût torréifié
- α-Ionone : goût fruité
- ethyl hexanoate : goût fruité
- 2,5 dimethylpyrazine : goût chocolat noisette
- α-Damascone : goût fruité
- 3,4 Dimethoxy-benzaldehyde : goût vanillé
- Limonene : goût citron, agrumes


Tous ces composés chimiques sont classés sans danger pour la santé humaine mais irritants, pour certains pour la peau, d'autres pour les yeux ou le système respiratoire.
Une toxicité environnementale est également notée pour certains.

chimie des arômes et effets secondaires



Les analyses menées par le Dr Farsalinos et son équipe démontrent que seul le methyl cyclopentenolone présente une réelle toxicité à très haute concentration.

Le methyl cyclopentenolone est un additif alimentaire, exhausteur de saveur et de douceur à large spectre, présentant une odeur dominante de caramel ajoutant des notes sirop d'érable, sucre brut, ou donnant un goût caramélisé avec des nuances noisette à une préparation.

On le trouve communément dans les pâtisseries, les glaces, les boissons, les cosmétiques et le tabac. Il est également utilisé pour aromatiser du café ou du chocolat.


Comment évaluer un e liquide?


L'étude précédente du Dr Vardavas avait noté la présence de 246 saveurs et additifs différents dans les 122 échantillons d'eliquide.

Mais le Dr Farsalinos note que sans précision sur leur concentration, il est impossible de les évaluer correctement.

Au final, il souligne qu'utiliser simplement le cadre règlementaire sur la sécurité des produits ne permet pas d'affirmer que la cigarette électronique est ou n'est pas nocive, qu'il faut continuer à l'évaluer dans un cadre propre à son utilisation réelle.

La recherche doit surtout étudier la production de la vapeur et l'éventuelle dégradation thermique des produits lors de leur vaporisation et non tester des produits sous forme liquide.


Les conclusions de cette étude sur les arômes

« En conclusion, une analyse d’évaluation des risques fondée sur le cadre réglementaire de l’UECLP a révélé qu'un seul des produits chimiques aromatisants ajoutés dans les liquides de cigarettes électroniques était présent à un niveau suffisamment élevé pour pouvoir être classé comme toxique sur la base du cadre réglementaire de l’Union Européenne.

Pour le reste, les concentrations rapportées étaient de loin inférieures à celles nécessaires pour être classées comme toxiques.

Même si un liquide contenait tous les composés chimiques à la concentration maximale rapportée, toute classification de la toxicité serait associée à l’utilisation d’un seul composé à sa concentration maximale.

Il est important qu'un cadre réglementaire approprié surveille en permanence la composition et la qualité des produits de cigarette électronique disponibles sur le marché et garantisse le respect des normes appropriées.

Une telle surveillance toxicologique des liquides de la cigarette électronique peut être utile pour identifier, éliminer ou correctement diluer les composés potentiellement nocifs dans le cadre des pratiques réglementaires standard.

La simplicité relative de la chimie des e-liquides et des aérosols de cigarette électronique rend cette méthode réalisable dans la pratique, alors qu’elle est totalement invraisemblable pour les produits du tabac combustibles. »



Ressources :

- Classification de la toxicité des composés aromatisants pour la cigarette électronique sur la base du règlement de l'Union européenn: analyse des résultats d'une étude récente

- Etude de Constantine Vardavas



Pour aller plus loin :

Les arômes e cigarette sont-ils dangereux ?

Le diacétyle dans les e liquides

Le propylène glycol, composant des e liquides

Tout savoir sur la nicotine

Crédit image

© Arom-Team 2019