Que penser de la cigarette électronique ?


En 2020, une nouvelle étude semble démontrer le potentiel de la cigarette électronique dans la réduction des risques liés au tabac lorsqu'elle est utilisée en lieu et place des produits du tabac fumé et chauffé.

Inspectant tous les aspects couvrant son champ d'action sur la santé humaine, des experts britanniques encouragent son utilisation pour les fumeurs souhaitant se délivrer du tabagisme et aiguillent sur les études à entamer pour une évaluation complète.

Voici leurs conclusions :

  •       L'utilisation des produits de la cigarette électronique au lieu des produits du tabac induit une réduction des risques pour la santé.
  •       L'utilisation de ces produits par des non-fumeurs peut provoquer des effets néfastes pour la santé.
  •       L'utilisation d'une large gamme de saveurs pour les e liquides peut poser problème du fait du manque de données sur leur toxicité par inhalation.

  Ils notent toutefois qu'il n'existe à ce jour aucune information sur d'éventuels effets néfastes pour la santé mais qu'il est nécessaire d'explorer ce domaine.

  •      L'utilisation de la cigarette électronique induit certaines émissions dans l'air ambiant, y compris de nicotine.

  Le risque pour l'entourage est limité même s'il peut avoir un impact sur certains individus.

  •      De nombreux approfondissements sont nécessaires.

  Il n'existe aucune donnée pour les produits ne contenant pas de nicotine comme il est actuellement impossible d'évaluer les potentiels effets de l'utilisation de la cigarette électronique sur la santé au long terme.

  Ce manque reflète les politiques diverses (et souvent restrictives - ndlr) appliquées dans chaque pays.

Ce rapport analyse en détail:


Cigarette électronique : le point en 2020


e-cigarette 2020

Un rapport de 60 pages a été établi par le COT (Committee on toxicity of chemicals in food, consumer products and the environment), commandé par les Département de la Santé et Santé Publique Angleterre, dans le but d'évaluer le risque toxicologique de la cigarette électronique, officiellement promue aide à l'arrêt du tabac outre Manche.

Les experts se sont penchés sur de nombreuses études toxicologiques et épidémiologiques disponibles (dans les faits, plus de 900 publiées dans la période 2018-2019) pour évaluer les composants et aérosols émis par l'ecigarette et leurs potentiels effets sur les utilisateurs et leur environnement.

Le Comité note par ailleurs que l'évolution technique fulgurante de la cigarette électronique ne lui permet pas d'appliquer ses recherches aux dispositifs les plus récents.


Voici donc ses conclusions détaillées :

Conditions d'évaluation des liquides et aérosols


Ils notent que les principaux composants des e liquides sont tout d'abord des solvants, le propylène glycol et la glycérine végétale. S'ensuivent l'eau, les arômes, la nicotine limitée à un maximum de 20mg/ml en Europe.


Certaines études ont rapporté également la présence de contaminants et impuretés que l'on peut attribuer soit à la formulation même du e liquide, soit à la présence de substances ajoutées, soit à un dysfonctionnement du dispositif électronique devant vaporiser le produit à une température évoluant entre 40 et 180°C.

Le Comité précise qu'il est difficile d'évaluer l'impact de l'inhalation de la vapeur en fonction des divers matériels disponibles et des habitudes de vapotage.
Il sélectionne donc les études ayant évalué une utilisation dite « standard ».

De la même façon, il est difficile de mesurer les conséquences de la vapeur d'e-cigarette dans l'air ambiant tant les méthodologies des études disponibles diffèrent.
Le Comité fait donc le choix de ne sélectionner que les essais ayant été effectués dans des conditions dites « normales », soit proches des conditions d'inhalation d'un être humain.

Evaluation toxicologique de l'exposition à la vapeur d'e-cigarette


Le COT note que des particules fines ont été trouvées dans certaines études mais remet en question leurs conclusions du fait de l'utilisation de machines à fumer au fonctionnement si éloigné de l'usage de la cigarette électronique.


Il précise que dans le cas de l'aérosol la condensation des gouttelettes est dépendante de leur concentration dans l'air et que plus cette concentration est importante, plus les gouttelettes forment des particules volumineuses.

Le plus cohérent serait donc de mesurer un faible taux de dilution en milieu humide pour déterminer la solubilité des particules tout en se rapprochant de l'usage réel de l'ecig.


Des particules solides telles des nanoparticules de métal ont également été relevées dans certaines études.

Les experts notent l'utilisation de cigarettes électroniques première et seconde générations qui ont manifestement générées ces particules.

N'écartant pas la possibilité de trouver des particules indésirables dans la vapeur d'ecigarette, ils invitent néanmoins les chercheurs à produire des expérimentations comparant le taux de particules d'un aérosol à celui de l'air ambiant ainsi qu'à celui de la fumée du tabac et des produits du tabac chauffé.

A partir des études les plus cohérentes, ils concluent :

     1- il existe un taux conséquent de particules métalliques dans l'aérosol de la cigarette électronique, se formant au moment du chauffage et de la vaporisation du liquide et se transformant de nouveau en aérosol liquide lorsqu'il refroidit.

     2- l'ecigarette semble produire une petite quantité de particules solides manifestement dérivées du dispositif électronique en lui-même.
Ils ne peuvent toutefois évaluer le degré d'exposition du fait du choix de modèles différents désormais disponibles sur le marché, des différents matériaux utilisés, de leur qualité de fabrication, etc

     3- il existe une incertitude réelle sur les risques engendrés par les particules métalliques.
Le Comité estime que la combinaison des métaux et autres particules peut induire une réaction inflammatoire.

L'autre incertitude réside dans l'exposition à ces particules en utilisant la cigarette électronique sur le long terme du fait d'un manque de données épidémiologiques permettant une interprétation.



Propylene glycol



La toxicité liée à l'exposition au propylène glycol est extrêmement faible.

Il n'est ni génotoxique, ni cancérigène.

Une exposition régulière à un aérosol de PG peut provoquer une irritation des yeux et de la gorge, de la toux, une inflammation nasale.

L'exposition au long terme est difficile à évaluer.
Les essais sur les animaux ont montré qu'il provoque peu ou pas d'irritation de la peau, une irritation modérée des yeux et aucune allergie.


Le Comité conclut que le propylene glycol n'est pas allergène pour l'homme et ne présente pas de phénomène d'accumulation systémique.


De ce fait, les données démontrent :

     1- le PG ne présente pas de risque pour un usage à court et moyen terme. Une incertitude demeure sur une exposition répétée au long terme.

     2- l'exposition au propylène glycol dans l'air ambiant ne présente pas de risque pour l'entourage.


Glycérine (glycérol)


La glycérine est un additif alimentaire (E422) autorisé.

Un usage oral prolongé à des taux importants de glycérine n'engendre aucun effet secondaire.


La glycérine n'est ni génotoxique, ni cancérigène.

Elle peut être irritante pour les yeux et présente un potentiel allergique très modéré chez l'homme.

Les données sont très limitées en ce qui concerne l'exposition au glycerol par inhalation.

En conclusion, le Comité définit que :

      1- la glycérine ne présente pas de risque pour un usage à court et moyen terme dans la cigarette électronique.
Des incertitudes persistent en ce qui concerne une exposition au long terme.

     2- l'exposition à la glycérine par l'entourage ne pose pas de risque majeur.



Nicotine



Les liquides de la cigarette électronique contiennent de la nicotine dans le but d'aider à l'arrêt du tabac.

Une directive européenne impose un taux maximal de 20mg/ml de nicotine dans les e liquides.

Le taux de nicotine délivré par l'aérosol ne peut être réellement quantifié du fait de divers facteurs comme le taux réel de nicotine dans le e-liquide, la forme de nicotine utilisée, la puissance du dispositif électronique et la pratique même du vapotage.

En synthèse des études compulsées, le Comité conclut :

     1- les vapoteurs expérimentés dosent eux-mêmes la nicotine dans leur liquide. Ainsi, une exposition systémique à un taux de nicotine équivalent à celui de la cigarette traditionnelle peut être atteinte.

     2- Pour les fumeurs se convertissant à l'ecigarette, les risques associés à l'usage de la nicotine sont les mêmes que pour le tabac.

     3- Les risques liés à un usage au long terme de la nicotine dans la cigarette électronique sont anticipés.

     4- Les personnes n'ayant jamais été exposées à la nicotine mais souhaitant vapoter s'exposent à des effets nicotiniques sur leur santé et à un risque d'addiction.

     5- L'utilisation de l'ecigarette en même temps que la consommation de tabac peut éventuellement conduire à un surdosage nicotinique risqué.

     6- L'entourage du vapoteur peut être exposé à quelques résidus de nicotine dans l'air ambiant.



Les arômes et leur dégradation



Bien que la plupart des saveurs utilisées dans la cigarette électronique soit des arômes alimentaires, certaines substances peuvent avoir des effets toxiques lorsqu'elles sont inhalées.

Deux points sensibles ont été examinés, la toxicité systémique par le biais de données concernant la voie orale et la toxicité localisée impliquant la zone d'inhalation.

Pour évaluation, le Comité s'est attardé sur les données liées à quatre arômes très utilisés dans la vape, à savoir le menthol, la vanilline, le cinnamaldehyde et le menthone.


      1- Le menthol

menthol e liquide



  - Le menthol est connu pour être irritant pour les yeux et la peau.
Il peut également être irritant à l'inhalation pouvant induire une inflammation des voies respiratoires supérieures, une rhinite, des larmoiements et des rougeurs des yeux.


  - Le menthol n'est ni mutagène, ni cancérigène.

  - L'exposition à un aérosol ou une fumée au menthol sur le long terme ne provoque aucun effet secondaire majeur.

Mais en fonction des données connues, le Comité considère qu'en raison des effets bronchodilatateurs et antitussifs du menthol, de son impact sur la respiration et la production de mucus, il existe un certain nombre d'incertitudes sur son potentiel dans le risque infectieux, son action irritante des voies respiratoires et ses éventuels effets sur les sécrétions bronchiques.



        2- La vanilline

vanilline eliquide


   - Les données suggèrent que la vanilline soit un irritant pour la peau et les yeux.

   - Bien que les résultats soient mitigés, elle n'est pas jugée mutagène.

   - Il n'existe aucune étude évaluant l'impact de l'inhalation de vanilline.


Le COT note qu'il existe un risque potentiel de formation d'acétal en présence du propylène glycol et de la glycérine végétale.
Bien que cette production chimique se retrouve également en cuisine sans engendrer de toxicité particulière, les experts observent que l'exposition systémique à la dégradation du produit par voie respiratoire doit être évaluée.



         3- Le cinnamaldehyde (cannelle)


cannelle eliquide

   - Les données indiquent que le cinnamaldehyde peut être un irritant respiratoire pour les vapoteurs.

   - Il provoque des irritations de la peau et des yeux.

   - Le cinnamaldehyde n'est pas considéré mutagène.

   - Il n'existe aucune étude évaluant l'impact de l'inhalation de cannelle.


En raison de son potentiel allergène dermique avéré, le comité estime qu'il existe un risque allergène respiratoire.



         4- Le menthone (menthe poivrée)


menthe poivree



   - Les données concernant l'inhalation de menthone sont très limitées, ne proposant aucune évaluation de sa toxicité, aucune information sur sa décomposition thermique.


   - Le menthone n'est pas considéré mutagène.

Le comité s'inquiète du manque de données sur le menthone et invite les chercheurs à des études poussées sur son éventuelle toxicité à inhalation répétée.



Les conclusions des experts en ce qui concerne les arômes se résument comme suit :

     1- Les arômes doivent être étudiés pour évaluer leur éventuelle toxicité par inhalation.

     2- Les données sont insuffisantes en ce qui concerne l'éventuelle toxicité des produits chimiques aromatisants.
Leur transformation au moment de la chauffe et de leur dégradation doit être analysée.



Les produits indésirables de la cigarette électronique



Des contaminants ou des impuretés sont également trouvés dans certains e-liquides, souvent à très faible taux ou à l'état de traces.

Il s'agit de contaminants liés à la nicotine comme des alcaloïdes mineurs et des nitrosamines spécifiques au tabac, des métaux et silicates, de l'éthylène glycol, du diethyl phthalate et diethylhexyl phthalate, de l'éthanol ou des cannabinoïdes synthétiques.

Le Comité note tout de même que la provenance des eliquides analysés était extérieure au Royaume-Uni.



En résumé, les experts conseillent :


      1- les eliquides doivent provenir d'entreprises connues pour leur sérieux pour éviter tout contaminant indésirable.

     2- en certaines circonstances (chauffe extrême), les e liquides vaporisés parviennent à une dégradation toxique produisant ainsi du formaldehyde. Il est nécessaire d'approfondir les études à ce sujet.

     3- les données montrent que l'exposition aux toxiques issus du tabac est inférieure aux produits du tabac.


La toxicité de la vapeur d'ecigarette

A ce propos, le comité conclut :

     1- il est difficile d'extrapoler sur des études expérimentales de l'aérosol d'ecigarette du fait de nombreuses variations impliquant les dispositifs utilisés et les différents protocoles appliqués.

     2- il est avéré que les effets pharmacologiques liés à l'exposition à la nicotine se produisent via la cigarette électronique mais sont minorés par rapport au tabac fumé.

     3- il existe un manque d'information sur l'exposition au long terme à la vapeur d'e-cigarette.

                                          

« Les conclusions de ce nouveau rapport confirment que, bien que n'étant pas inoffensives, les cigarettes électroniques sont nettement moins nocives que le tabac.

Cette conclusion conforte fermement la politique du Royaume-Uni de recommander le vapotage comme moyen pratique et efficace pour les fumeurs de prévenir les dommages causés par une consommation continue de nicotine, et fournit une assurance bienvenue et faisant autorité que pour les fumeurs qui ont du mal à arrêter de fumer, le vapotage est la meilleure option évidente . »

Pr John Britton, ancien directeur du UK Center for Tobacco & Alcohol Studies et consultant en médecine respiratoire à l'Université de Nottingham



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